Sumimaseeeen!!
Suite de mon aventure dans le restaurant fantôme de Kakunodate.
Vais-je arriver à manger quelque chose ici?
Y a-t-il déjà quelqu'un pour m'accueillir, m'accepter et me préparer à manger?
C'est ce que vous allez découvrir ...
J'ai fait mes images de ce que je trouvais beau dans la salle, l'irori que je vous ai présenté hier.
Mais, ceci fait, j'ai toujours faim, moi!
Il y a une porte qui mène vers la cuisine ou ..ailleurs peut-être.
Je n'ai pas encore osé l'ouvrir mais la plaisanterie a assez duré et je veux pousser là mes investigations.
Je l'ouvre.
Je tends l'oreille.
... (un bruit de télévision)
Ah! il y a du bruit! il y a de la vie, c'est bon signe.
Mais comment rentrer en communication avec l'inconnu, comment se signaler?
Mais oui, ça y est je sais, ça me revient, le mot magique au Japon est :
"- Sumimaseeeen!
- Haaaii!"
Une réponse, je suis repéré, je suis sauvé!
Une femme d'environ 60 ans ouvre la porte de son logement privé et apparaît.
Elle ne fait même pas mine d'être surprise en découvrant un grand gaijin dans son couloir. Je suis un client. Je l'ai interpellé d'un façon tout à fait japonaise, elle doit se dire que je connais les us et coutumes de son pays. En effet (parfois avec retard et appréhension) cela commence à être le cas au bout du 13ème voyage.
Et maintenant, elle me demande ce que je désire manger?
Forcément je suis là pour ça.
...?!
Zut, je n'ai pas encore pensé à cela.
Dans un petit établissement rural comme celui-là ne cherchez pas la bouffe factice en plastique en vitrine, y'a pas!
Pour choisir il y a ça ...
Eh merde!
Même les prix sont codés!
Oui j'avoue et vous le savez bien, je n'ai jamais pris un seul cours de japonais.
Même sans appréhension je ne peux plus faire le malin devant un tableau pareil.
Il y a pas mal d'hiragana pour m'en sortir mais même en sachant lire je ne vois pas de quel plat il s'agit de toute façon.
Bon bref, j'essaye de demander un plat chaud, car il fait froid, avec du sésame, elle ne comprend pas mon mot 'goma' tant pis, alors je pointe un truc de udon car c'est bon, c'est mon péché mignon (avec le Choco Monaka Jumbo) et ça ira bien.
Je me mets enfin à l'aise. J'ôte mon blouson et ne résiste pas au plaisir de m'installer à la table à l'irori.
Une tasse de thévert chaud ne tarde pas à arriver, et je suis bien.
Faire des images dans un endroit pareil est un bonheur. Je me régale des yeux avant que les papilles entrent en action.
En un temps record mon plat arrivera, comme d'hab'. C'est le Japon. Grosse structure ou petit bouiboui quelques minutes passent et vous voilà servi.
Allez je mange ...

Oui c'est un OTO, sous le reagrd médusé de la patronne qui se dit que ce gaijin préfère les photos de lui-même que de manger ses udon bien chauds! C'est pas bon si ça traîne trop, c'est tout gonflé et mou après rhôôô!!
Après avoir englouti ce mets délicieux qui m'a réchauffé tout le corps, la digestion se passa en quelques images supplémentaires de merveilles qui traînent ça et là sur les murs.
C'est un vrai musée là-dedans, voire un cabinet de (belles) curiosités, y'a pas mieux pour se sentir au coeur du 'vrai Japon' ...
Il y avait toute un série de ces charmantes historiettes illustrées, placées au-dessus de l'entrée, elles étaient toutes plus belles les unes que les autres. Je ne les ai pas toutes photographiées malgré mon envie.
A noté que j'avais chaussé mon fabuleux objectif 1.4 sur mon reflex. Ça sert vraiment d'avoir un matériel d'exception dans de telle situation, lorsque la luminosité est très délicate avec des merveilles devant les yeux.
Durant mon repas j'avais ça en face de moi ...

Le masque représente un rite théâtral 'Kagura' sous le personnage nommé Hyottoko. Il accompagne souvent la jolie jeune fille Okame, mais Hyottoko à les lèvres pincées, il crache du feu et raconte pleins de mensonges.
On peut voir des scènes de théâtre Kagura dans les temples shintô.
Je me souviens d'avoir assisté à une représentation en 2005 dans un temple du Kyûshû.
Voilà, le ventre bien plein, je paye et je dis un au revoir chaleureux à ma bienfaitrice du jour, qui va pouvoir retourner voir son 'Derrick' à la télé.
Je vais devoir remonter sur ma bicyclette de la mort qui tue les mollets et les oreilles (ça grince trop!!) et allez enfin shooter un shinkansen E6 par là à côté, quoique vous allez voir, là non plus ce ne sera pas de la tarte, ni du udon!!




