Salut à tous! Ici le shashô qui vous parle! J'interromps Erebos au beau milieu de ses aventures, afin que ce dernier se repose un peu (raconter un voyage chaque jour en essayant de captiver l'auditoire, c'est fatigant!).

Je m'en vais donc vous conter ma rencontre ferroviaire de ces vacances, en voituuuuure!

En arrivant dans le gîte loué à la semaine par ma famille, dans le Béarn, je ne me doutais absolument pas que j'aurais l'occasion de découvrir cette fantastique région (au pied des Pyrénées, par un temps splendide) en train, les lignes étant rares, peu fréquentées quoi qu’atypiques (caténaire Midi).

Comme de tradition dans les gîtes ruraux, les propriétaires laissent une documentation abondante aux locataires saisonniers, sous forme de cartes, prospectus, et dépliants en tout genre. En faisant tomber copieusement la pile avec mon gros sac, je tombe sur un feuillet imprimé marqué "Le petit train d'Artouste, le plus haut train d'Europe". ni une ni deux, je lis le prospectus, un grand sourire niais aux lèvres, puis l'agite sous le nez du reste de la famille en menaçant de ne pas faire la vaisselle et de faire la grève de la faim si on n'y allait pas dans les plus brefs délais.

Menaces prises au sérieux, puisque ce fut deux jours plus tard que nous allâmes en voiture jusqu'au Lac de Fabrèges, par une mâtinée fraîchounette (8°C, le lac étant coincé entre différents pics).
Une fois garés et prêts à l'aventure, un téléphérique impressionnant nous mena vers le point de départ du train.

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 Arrivée au bout de la ligne surélevée, nous atteignons un complexe de sports d'hiver (bars, restaurant, terrasse, boutique, location de matériel et tire-fesses). C'est de la que part le Petit Train, garé sur l'une des trois voies sans quai. Celles-ci se rejoignent pour former une voie unique qui pénètre directement dans le Tunnel de l'Ours à la sortie de la gare.

Niveau technique : 

- voie unique avec zones d'évitement à 2-3 voies, équipées de téléphones-radio
- écartement 500mm
- signalisation inexistante (marche à vue) sauf aux extrémités du tunnel
- vitesse limites : panonceaux 8 et 12 km/h, et panonceau "vitesse libre"
- système d'aiguillages manuel, actionné par les conducteurs au niveau des zones d'évitement
- traction : diesel par locotracteurs Whitcomb (et une autre marque inconnue), parfois badgés SNCF

Une fois sorti du tunnel un peu oppressant (le train épouse juste le gabarit du tunnel, et le bruit est assourdissant), la vue se dégage sur une vallée encaissée de toute beauté, émaillée d'équipement de sports d'hiver, de bergeries.
De nombreux rapaces planent au dessus des visiteurs (dans l'espoir de trouver une proie?) et les appareils photos crépitent tout au long du trajet. N'ayant pas prévu cette excursion, j'ai du emprunter les appareils des parents et de la sœurette, je l'ai ai bien encombrés de clichés en tout genre de la balade.

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Après 55 minutes de tortillonage au bord des cimes, le petit train parvient enfin au Lac d'Artouste, où les trains sont retournés rapidement pour repartir de plus belle.

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Nous disposons d'environ 2 heures pour manger à la gargotte installée au terminus (ravitaillée par les corbeaux!), et faire un tour autour du lac à la couleur impressionnante.
 
Les touristes s'étant vu confier des billets fixes (aller et retour à une heure donnée), les visiteurs se massent à la gare pour ne pas rater le train qui les ramène à la station de ski, après 55 nouvelles minutes de balade fantastique.

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Alors? Intéressés? En tout cas ma famille a adoré (hahaha, un jour je les convertirai totalement au ferrovipathisme!).
Malgré le prix élevé de la balade (téléphérique + train pour 4 personnes), je ne peux que vous recommander la balade qui agrémentera avec succès un séjour dans cette région exceptionnelle.