15 décembre 2007
Le Tôkyô flot
Lors d'une de mes dernière journée 'Densha Tôkyô trip', journées où j'accumule les lignes et trains dans la capitale nippone, je me suis retrouvé à Shimo-Kitazawa.
Je ne connaissais pas du tout cette petite station, mais l'avais repéré comme étant le point de connexion entre les lignes Inokashira de la Keio et Odakyu.
Je venais de Shibuya, avais emprunté cette Inokashira line de la Keio, une ligne de fou! Un train toutes les 4 minutes, tous archi-bondés, tous bien compacté dedans. Car lors de ce voyage de novembre qui fut enfin hors période de vacances, la vie 'normale' du tôkyô travaillant m'était offerte!
J'ai réussi à atteindre Shimo-Kitazawa sans trop de mal. Une petite demi-heure de shooting sur les quais Keio. puis passage sur les quais Odakyu. Ces fameux trains de la Odakyu. je ne peux m'en passer!
J'étais donc au bout du quai Odakyu de Shimo-Kitazawa, en vue d'une longue et très belle perspective éclairée par un soleil de fin d'après midi. Un passage à niveau était disposé juste à la sortie de la station, en bout de quai.
Et comme souvent au japon, le trafic des trains d'Odakyu était tellement dense que les barrières ne se levaient pas longtemps pour laisser passer les gens!
A tel point que même plus de 15 minutes passèrent sans que les barrières ne se lèvent. la sonnerie retentissait en parmanence! La folie!
J'étais aux premières loges de ce spectacle ahurissant. J'avais la vue sur les trains allant et venant, au contraire des gens qui s'agglutinaient toujours plus au fil des minutes à ce passage à niveau, et ne voyant rien, s'inquiètaient d'un possible dysfonctionnement!
Mais tout était normal. Enfin, presque! Il y avait tout simplement un trafic de dingue à ce moment-là!
Et les japonais bien disciplinés attendaient...attendaient...attendaient...


Comme vous le voyez sur ce plan, la perspective est belle, les petits passages à niveaux sont nombreux et les trains défillent! Ca à duré comme ça plus de 15 minutes. je n'en revenais pas, mais j'étais pour ma part bien content car j'étais venu pour les trains! Alors que les gens qui attendaient au passages à niveaux n'en pouvaient plus! Ils cherchaient dans mes gestes, mes yeux, mes attitudes des réponses à leurs interrogations. Je leurs en donnais en me préparant grossièrement dès que je voyais au loin un nouveau train arriver.
Et enfin, tout à coup ça y est! les barrières se sont enfin levées.
Et là une masse énorme s'avança de chaque côté, se rencontra et dû se croiser avec plus ou moins de facilité sur cet espace limité de la route balisé du passage à niveau;
Un flot, un fleuve, une deferlante...
je ne voyais pas la fin de chaque flot, car il y avait tant de monde débordant jusque loin dans les rues!
Mais...!
Aïe! Oh non!
Les barrières étaient à peine ouvertes depuis 10 secondes que déjà le signal de l'arrivée d'un nouveau train retentit, la fermeture des barrières à nouveau!
Mais ce flot fantastique était à peine lancé! Et il me sembla que rien ne pouvait alors l'empêcher de se déverser jusqu'à ses dernières gouttes de vie.
Les barrières automatiques se ferment.
Elles ne veulent rien savoir! Elles ne sauront jamais rien de ce désordre!
Elles se ferment d'office. Mais les gens les retiennent, les revèvent, passent coûte que coûte à côté, dessous, les enjambent même!
Les hommes forts les soulèvent pour aider le flot à s'écouler encore et encore!
Derrière moi, à quai, un train doit s'élancer, il donne des grands coups d'avertisseur! les gens courent une dernière fois, s'enfuient, s'effrayent! Ils ne regardent même pas si un train arrive, mais juste ces barrières à demi ouverte par d'autres pour s'échapper!
Où est passée la belle discipline des japonais?
Disons que dans certains cas, la patience à des limites!
Pourtant, seule une faible partie du fleuve à pu s'écouler. Tant d'autres voulaient aussi passer!
J'étais abassourdis devant un tel spectacle, et plaignais ces pauvres japonais qui doivent si souvent s'entasser les uns sur les autres. et si souvent ils le font sans heurt, sans cri, ni pleur.
C'est là qu'on prend la mesure de ce qu'est une mégalopole de 30 millions d'habitants!
Ceci, soir et matin, chaque jour!
'Densha, je t'aime!' mais sur ce coup-là j'étais peut-être bien le seul!
Et la délivrance arriva enfin une deuxième fois et pour de bon. Durant plusieurs minutes d'affilées, les barrières restèrent levées, les voies restèrent vides et calmes. Et le flot énorme put s'écouler à sa guise, à gros bouillons au début, comme lors de l'ouverture d'une vanne en surpression, et peu à peu plus docilement.
Ce jour-là, à Shimo-Kitazawa, j'avais du boulot en photographiant aussi bien les trains, les quais, que les gens de ce passage à niveau de dingue, ...le Tôkyo flot!



Pour finir, un dernier plan sur cette belle perspective des voies, et le plus bel objet roulant du Japon qui arrive au loin!
alors que je m'apprêtais à plier bagages, je l'ai vu arriver! Et ça c'est toujours un moment magique, unique, fabuleux. Un de ces moments qui vous comble de bonheur.
Mais c'est aussi une autre histoire!
Commentaires
les escaliers
Bravo pour ce post sur la gare se Shimokita, c'est un des mes endroits prferes a Tokyo, et comme vous le racontez si bien j'ai passé du temps a attendre derriere ces barrieres....un pu comme a yoyogi hachiman sur la odakyu. Il faut savoir qu'en marchant 10 metres ont peut traverser par la gare...
Il y a toujours une atmosphere incroyable a shimokita...
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